Francois Coppee Les Propos Du Pere Coin-de-rue 1891

Francois Coppee Les Propos Du Pere Coin-de-rue 1891
Francois Coppee Les Propos Du Pere Coin-de-rue 1891

Francois Coppee Les Propos Du Pere Coin-de-rue 1891
Manuscrit écrit et signé de sa main, 2 pages petit in-4, dune écriture fine et dense, avec ratures et corrections, dun article, faisant partie de ses chroniques : Les Propos du Père Coin-de-Rue Le texte a été, comme à lhabitude pour limpression, découpé puis remonté sur cartonnage Indications du typographe. Ses chroniques en forme de dialogue avec le savetier-philosophe le Père Coin-de-Rue, permettaient à Coppée, à travers des commentaires d’actualité, de faire passer quelques messages de moralité – Très suivies du public, elles faisaient monter le tirage à chacune de leur parution, et les crieurs de rue, pour attirer le chaland s’époumonaient : Y a un Cop! L’actualité du jour est la catastrophe ferroviaire de Saint-Mandé du 26 juillet 1891. Sur la ligne de Vincennes. Un train supplémentaire formé pour les retours à Paris du dimanche soir percute celui qui le précède, bondé et arrêté en gare de Saint-Mandé. Un incendie s’ensuit. L’accident fera 49 morts et plus de 150 blessés, essentiellement dans les deux dernières voitures à impériales. Depuis quelques jours, je navais pas eu loccasion de passer devant léchoppe du Père Coin-de-Rue ni, par conséquent, le plaisir de causer avec mon vieil ami le savetier philosophe. Cela me manquait, en vérité ; car jemporte toujours de nos entretiens quelque matière à réflexion sérieuse. Il doit avoir quelque chose à me conter, me disais-je, sur cette effroyable catastrophe de Saint-Mandé ; et pas plus tard quhier, je suis allé, tout exprès, en causer avec lui. Pas besoin de faire des phrases, nest-ce pas? Commença-t-il, ni de vous assurer, dabord, que je plains de tout mon cur ces malheureux morts dans les tortures, et ces estropiés et ces blessés, et ceux qui ont perdu dans cette abomination-là des êtres quils aimaient Tous les braves gens ont été remplis de pitié, et même les mauvaises gens aussi ; car au fond chacun sest dit : Mais je vais en chemin de fer, moi, et ça pourrait bien marriver un de ces jours. Et cest un peu pour ça que tous les parisiens étaient sans dessus dessous, convenons-en. Il est évident, Père Coin-de-Rue, que si laccident sétait passé en Amérique où les coups de tampon ne sont pas rares, il aurait eu tout juste lhonneur de trois lignes dans les dépêches. Et supposez encore, Monsieur le Poète, que là-bas, au Tonkin, où cest pacifié que cen est étonnant, quoiquon ne cesse de sy flanquer des coups de fusil, supposez quil y ait un combat sérieux, une vraie victoire, où nous mettions par terre un millier de Chinois, en ne perdant quune cinquantaine dhommes Il y aurait de pauvres mamans qui pleureraient, bien sûr Mais le public? Evidemment, Père Coin-de-Rue, il se réjouirait du succès de nos armes. Cest à peine si quelques journalistes, qui dailleurs, se soucient de nos troupiers comme dune guigne, profiteraient de la circonstance pour injurier M. Jules Ferry ; car la mode en est passée. Tiens, cest juste, ce pauvre cher homme. On ne parle plus de lui du tout. Il doit même regretter le temps où on lattrapais tous les matins Mais il ne sagit pas de ça Est-ce que vous ne trouvez pas un peu égoïste, Monsieur le Poète, cette pitié de lhomme qui sattendrit si fort sur un malheur dont il est lui-même menacé, et qui ne sémeut pas, ou presque, sur des horreurs qui se passent loin de lui et ne le mettent pas en danger? Cest une preuve, je lavoue, de linfirmité de notre nature. Il y a eu un fameux conquérant, nommé Tamerlan, qui, après chacune de ses victoires, faisait édifier sur son passage des pyramides et des arcs de triomphe de têtes coupées. Un certain Procope, qui tenait absolument à ce quon communiât sous les deux espèces, faisait couper les pieds à ceux qui nétaient pas de son avis et les forçait ensuite, à coups de trique, à courir sur leurs moignons. Nous lisons ces atrocités dans lhistoire et elles nous font frémir moins portant que la vue dun chien écrasé par un omnibus et qui est là, éventré et sanglant sur le pavé Question déloignement, de perspective. Pas moyen de dire le contraire. Cest vrai Eh bien, tout de même, cela me révolte de penser que notre meilleur sentiment peut-être, ce je ne sais quoi qui nous fait souffrir devant la souffrance des autres, ne soit, chez la plupart, et quand il existe encore, quune espèce dinstinct, que quelque chose dinvolontaire, comme chez une bête. Rien de plus noble en nous, néanmoins, Père Coin-de-Rue. De grands esprits, des philosophes, des historiens, des poètes, ont élargi, magnifié cet instinct généreux. Ils ont eu des larmes les victimes de tous les temps et de tous les pays ; ils ont éprouvé et communiqué à lhumanité, la pitié rétrospective, la compassion universelle. Nempêche que je suis plus troublé par lécrabouillement de Saint-Mandé que par la nouvelle dun tremblement de terre au Mexique, pourquoi? Il ny a guère de chance que la butte Montmartre se transforme en volcan un de ces quatre matin et nempêche que ce malheureux M. Kahn, devant toute sa famille carbonisée, ma fait venir les larmes aux yeux, tandis quil faut que je me monte limagination pour maudire les batailleurs qui ont jeté des millions et des millions dhommes sur les champs de bataille Et puis, les grands attendris dont vous parlez, oui, même ceux là, sont-ils toujours bien équitables, bien sincères? … Ils ont tous des idées, des opinions, un tas de partis pris. Ils plaignent les uns, pas les autres Tenez, lautre jour, quand on a inauguré la statue de Danton, il y a un orateur qui a déblatéré contre Mme Roland. On leur a coupé pourtant la tête à tous les deux, à Danton et à Mme Roland, ils méritent la même pitié, mais ce monsieur qui pleurnichait sur le citoyen devait trouver très bien quon eût guillotiné la citoyenne Cest toujours comme ça, en politique, on se jette les cadavres à la tête. Tel qui larmoie tout le temps sur les victimes de la Terreur ne songe quà faire monter les républicains à léchelle ; et cet autre qui regrette encore les morts de la Saint-Bathélémy ne le fait que pour embêter les calotin. Ces larmes là, croyez-moi, ça ne prouve pas toujours la sensibilité. Il y a un de mes clients, un chapelier,, qui pérore dans les clubs. Il prononçait des discours plein de compassion pour les nihilistes ; on aurait cru que cétait lui-même quon envoyait mourir en Sibérie. Eh bien, le soir de lenterrement de sa vieille tante, une brave femme qui lavait élevé, mais qui lui laissait quelques sous, il sest consolé chez le marchand de vins Oh! Quimporte, mon vieil ami. Cette pitié collective de tous, envers tous, vous admettez bien quelle existe, voyons, quelle se développe, quelle progresse dans nos murs, et quelle finira par triompher un jour de toutes les injustices et de toutes les misères. Je le souhaite aussi ardemment que vous, Monsieur le Poète. Mais soyons francs, ce nest pas encore pour demain, la fraternité universelle. En attendant, le plus sûr est encore dêtre pitoyable autour de soi, de secourir de son mieux toutes les infortunes quon connaît. Cest la consigne donnée par les vieux catéchismes, et elle nest pas mauvaise Mais être bon! Chacun tire à soi la couverture. On nest pas même complaisant. Que dites-vous de ces deux bourgeoises à caractère pointu qui nont pas voulu lautre soir à Saint-Mandé, laisser monter deux hommes dans le compartiment des dames seules, et qui ont peut-être été la cause de laccident? Je suis tout à fait de lavis, sur leur compte, de cette brave Séverine. Elle a trouvé là-dessus dans le Figaro une page dune émotion admirable. Oui, je lai lue moi aussi. La grisette den face avait enveloppé dans le numéro la paire de bottines que je lui ai rafistolée. Elle me va, cette Séverine. Cest plein de cur tout ce quelle écrit. Sil ny a que des communardes comme celle là, ma foi, vive la Commune! Mais revenons aux bourgeoises pudibondes qui ont repoussé de leur wagon un papa et son jeune homme celui-ci est parmi les mort, entre parenthèses. Savez-vous tout ce quelles ont trouvé à répondre, pour sexcuser? Quelles avaient payé leurs places, qu elles étaient dans leur droit. Elles y étaient mon cher ami. Eh bien, cest ce mot là qui magace :  » être dans son droit  » Oui, elles étaient dans leur droit, les bourgeoises ; mais leur devoir, devant de pauvres gens dans lembarras, au milieu de la bousculade du dimanche soir, à la gare, cétait dy renoncer, à leur fameux droit Etre dans son droit! Que dindignité on commet avec cette phrase là! Il est dans son droit, le proprio qui jette des malheureux dans la rue. Il est dans son droit le boulanger qui refuse le crédit à des affamés, et elle est dans son droit aussi la société qui punit les sans-pain et les sans-asile pour mendicité et vagabondage. Mais le devoir du vautour et du mitron est dêtre plus humain ; mais le devoir de la société est darranger les choses de telle sorte quil ny ait plus de vagabonds ni de mendiants. Et tous devraient faire leur devoir avant de réclamer leur droit , et ils ne le font pas, ou ils le font mal. Tenez, on commence à dire que le mécanicien qui conduisait le train tamponneur, dans cette horrible affaire de lautre jour, avait bu un coup de trop, tout simplement. Ce nest pas un crime après tout ; cétait son droit, à cet homme, dautant plus quil fait soif, sur la machine. Mais son devoir, cétait de songer quil était responsable de tant dexistences et de conduire son train à la Bastille. Après, il aurait pu boire un verre de vin de trop Tout est là, voyez-vous. Penser dabord aux autres. Et si jétais le gouvernement, comme dit mon portier, et quil me restât un peu de badigeon, jécrirait  » Bonté, Pitié, Charité  » sur tous les murs mais nous nen sommes pas là. Pour secouer un peu légoïsme des curs, il faut des malheurs dramatiques, effroyables, comme cette catastrophe Et encore, dans quelques jours, on ny pensera plus. Et comme la dit un de nos ministres au bord de la tombe des victimes, on continuera à voyager en chemin de fer. Il a dit ça le ministre Et comment se nomme-t-il? Il se nomme M. Jaurais plutôt cru quil sappelait M. L’item « FRANCOIS COPPEE LES PROPOS DU PERE COIN-DE-RUE 1891″ est en vente depuis le lundi 22 juin 2015. Il est dans la catégorie « Collections\Lettres, vieux papiers\Autographes\Autres ». Le vendeur est « laon-collections » et est localisé à/en Aulnois sous Laon. Cet article peut être livré partout dans le monde.
Francois Coppee Les Propos Du Pere Coin-de-rue 1891

Francois D’orleans Longueville (1570-1631) Rare Papier Parchemine Signe G48

Francois D'orleans Longueville (1570-1631) Rare Papier Parchemine Signe G48

Francois D'orleans Longueville (1570-1631) Rare Papier Parchemine Signe G48
Très beau papier parcheminé (format 24 x 30,4 cm) avec petit trou hors texte.. Très bon texte daté de 1628. Petit texte au verso. En 1621, il commanda1 larmée de l’Orléanais et du Blaisois contre les calvinistes qui sétaient réfugiés dans Jargeau. La garnison huguenote capitula le 22 mai 1625 ; et, « sur la promesse qu’elle fit de sortir le lendemain, le comte congédia une partie de ses troupes ». Deux cents calvinistes, manquant au serment fait au vainqueur, se glissèrent dans Jargeau et refusèrent de tenir la capitulation ; mais les habitants, apprenant que le comte faisait amener de lartillerie dOrléans, remirent la place comme ils en étaient convenus2. « François d’Orléans, avec de lesprit et beaucoup de bravoure, navait aucune ardeur pour la gloire. Son indifférence naturelle sur les petites choses étouffait en lui tout amour-propre ; il ne pensait pas plus aux batailles où il sétait distingué quaux parties de chasse quil avait faites. Le 7 octobre 1631, il est mort, disait-on, tout doucement sans rien dire comme il avait vécu sans rien faire, apparemment par comparaison avec son frère (le duc de Longueville). Il ne laissa point d’enfants de son mariage avec Anne de Caumont, marquise de Fronsac. Le fils quil en avait eu, Léonor dOrléans, duc de Fronsac, avait été tué à l’âge de dix-sept ans (le 5 septembre) en 1623, au siège de Montpellier. Cette Anne de Caumont avait dabord été fiancée à Claude dEscars, prince de Carency, qui fut tué en duel par Biron, son rival. Elle mourut en 16423. » Fils cadet de Marie de Bourbon et de Léonor d’Orléans, il épousa Anne de Caumont, fille du marquis de Fronsac Geoffroy de Caumont et de Louise de Lustrac. Le titre de comte de Saint-Pol passa à Henri d’Orléans, neveu de François III. Ce document ancien est l’original. J’en garantis la totale authenticité. Frais d’envoi : 6,40 euro. L’item « FRANCOIS D’ORLEANS LONGUEVILLE (1570-1631) RARE PAPIER PARCHEMINE SIGNE G48″ est en vente depuis le samedi 25 janvier 2014. Il est dans la catégorie « Collections\Lettres, vieux papiers\Autographes\Personnalités historiques ». Le vendeur est « autographesanciens » et est localisé à/en Differdange, Housbann. Cet article peut être livré partout dans le monde.
  • Type: Autographe, Dédicace
  • Sous-type: Autographe sur papier
  • Epoque: XVIIème
  • Région: France
  • Thème: Histoire, Politique
  • Nombre de documents: 1
  • Nombre de pages: 2

Francois D'orleans Longueville (1570-1631) Rare Papier Parchemine Signe G48