
Émile Zola touché par la clémence sur son deuxième roman méconnu, « Le Vou d’une morte ». Le livre ne vaut pas grand chose et vous avez été très charmant de ne pas trop le dire… Paris, 18 octobre 1889. Une page in-8 sur un double feuillet. Taille : 20,5 x 13,3 cm. Interresante lettre sur le regard que porte Zola sur son deuxième, Le Vou d’une morte publié initialement en 1866 à 26 ans (Cf infra). Ce même moi d’octobre 1889, l’éditeur de Zola, Georges Charpentier, décide de rééditer les ouvres de jeunesse de Zola. L’écrivain sait pertinemment que ce texte est faible comparé à ses chefs-d’ouvre mais il trouve la mise en perspective intéressante, il remercie chaleureusement Galdemar d’avoir fait « la part très belle au romancier d’aujourd’hui » dans son article du figaro publié l’avant veille le 16 octobre 1889. On joint une copie de l’article du Figaro avec la lettre. Paris, 18 Octobre 1889. Mon cher ami, je ne vous ai pas encore remercié de votre si aimable article au Figaro sur « Le vou d’une morte ». Je tiens a vous dire combien il m’a touché. Le livre ne vaut pas grand chose et vous avez été très charmant de ne pas trop le dire en faisant la part très belle au romancier d’aujourd’hui. Merci et tout a vous. Le Veux d’une morte (qui suit La Confession de Claude, premier roman paru en 1865) paraît d’abord dans L’Évènement du 11 au. Puis en volume chez Achille Faure. Pour l’édition de 1889 chez Charpentier, Zola réécrit une grande partie de son texte, et le fait précéder d’un avertissement : «. Je me décide à le rendre au public, non pour son mérite, certes, mais pour la comparaison intéressante que les curieux de littérature pourront être tentés de faire un jour, entre ces premières pages et celles que j’ai écrites plus tard. Résumé : Blanche de Rionne, jeune aristocrate mal mariée, se charge de l’éducation de Daniel, garçonnet miraculeusement échappé à un incendie. Sur son lit de mort elle lui confie la garde morale de sa fille, Jeanne, âgée de six ans. Lorsqu’à 18 ans celle-ci sort du couvent, Daniel joue le « rôle muet de précepteur », la suit partout, vêtu de noir. Mais il ne peut empêcher qu’elle fasse un mauvais mariage, et qu’ensuite elle tombe amoureuse de son meilleur ami, Georges, auquel à son tour, sur le point de mourir, il la confie. Zola joue le jeu du roman populaire : manichéisme des personnages, rebondissement de l’action, pathétique, bons sentiments, mépris de la vraisemblance. Il s’agit d’émouvoir les mansardes et les chaumières. Par rapport à La Confession de Claude, le recul est sensible. C’est de la littérature alimentaire, cependant, l’arrière plan décrit une vision sociale féroce qui sera développée plus tard dans La Curée. [Possibilité d’encadrement avec passe partout et verre anti-uv et anti-reflet, 250E]. Ci-dessous célèbre portrait du jeune Émile Zola par Etienne Carjat, à l’époque du Vou d’une morte.




