[Paris], 9 rue de Beaujolais. Une grande page in-4 sur papier bleu. Exquise lettre pleine de gaieté et de facéties de Colette dressant avec humour la liste des « nourritures » désirées et jouant sur les tailles de caractères. On meurt d’envie de faire ses courses et de lui apporter! Taille : 27,5 x 21 cm. 9 rue de Beaujolais. Cher ami et providence. Quelle venimeuse grippe – bronchite! Vous ne me verrez pas avant le dégel. Et s’il ne dégèle pas, vous ne me reverrez jamais. Si vous tenez à moi le moins du monde, cédez moi quelque nourriture, des viandes en boîtes, des poissons en boîtes, des haricots, surtout des lentilles s’il y en a, un peu de pâtes, du café pour maintenir mon moral, du FROMAGE majuscule et une petite huile minuscule. Et s’il y avait du sucre en poudre. Je vous laisse écrasé sous cette avalanche, à laquelle s’ajoute celle de mes amitiés. C’est en novembre 1926 que Colette s’installe au 9 rue de Beaujolais, au Palais Royal, dans un entresol. En novembre 1930, atteinte de bronchites en raison de l’humidité de l’appartement, Colette cherche un air plus sain et sur les conseils de son médecin s’installe tout en haut de l’hôtel Claridge, sur les Champs-Élysées (au 72, dont le sous sol est aujourd’hui occupé par la Fnac), elle y jouira pendant cinq années du confort hôtelier et d’une magnifique vue. En janvier 1938, Colette réalise son rêve, retourner au Palais Royal à un étage plus noble : Gustave Quinson, directeur du théâtre du Palais-Royal lui cède son appartement et elle retrouve, 9 rue de Beaujolais, au premier étage, cette fois, la vie du Jardin, immuable et charmante. Ci-dessous, Colette dans l’institut de beauté qu’elle a ouvert à Paris en juin 1932 au 6 rue de Miromesnil. Devant ses « trucsasfouttsulapeau » comme elle appelle ses produits de beauté.