9 septembre 1896, deux pages sur un double feuillet à en-tête de « Commandant » de la « Chaloupe canonnière Le Javelot. En mission dans la « Bidassoa ». Taille : 21 x 13,5 cm. En 1896, Pierre Loti, déjà élu à l’Académie française depuis 1891, commande le Javelot, un navire basé à Hendaye dont la mission est de surveiller la frontière maritime franco-espagnole. Le Nautile, mentionné dans la lettre, est un petit canot à vapeur rattaché au Javelot. La lettre signée de son vrai nom, Julien Viaud, rappelle que pour la Marine nationale, il reste avant tout un serviteur de l’État. On joint une seconde lettre très amusante d’un autre commandant du Javelot, André-François-Joseph Coffinières de Nordeck (Lettre en date du 12 novembre 1893, petite déchirure au centre) adressée au même président. Lettre vivante agrémentée d’un dessin d’un aménagement du port de Saint-Jean-de-Luz pour mieux accueillir les yachts près du pont de « Siboure » [Ciboure] ». On joint également un cadre aimanté en plexiglas pour exposition du dessin. J’ai l’honneur de vous informer que mes ordres sont donnés au Nautile pour qu’il assiste aux régates de Saintt Jean-de-Luz et qu’il donne le signale de départ et d’arrivée par un coup de canon ainsi que vous m’en exprimez le désir. Veuillez agréer, je vous prie, monsieur le président, l’assurance de ma parfaite considération. Vous m’excuserez de n’avoir pas été vous serrer la main avant votre départ, j’avais pris une douleur dans le dos en me promenant en voiture avec un pardessus d’été! Pour la Luzette, nous avons joué de malheur. Aujourd’hui il fait un temps réellement splendide ; il nous aurait fallu cela! – Après tout, je pense que si vous êtes amarré dans la fosse dont vous me parliez, vous n’y serrez pas trop mal. St Jean de Luz pourrait devenir un véritable centre de yachtmans si on voulait leur faciliter la besogne. Vous allez dire que je veux faire des ports partout mais c’est nécessaire! J’en voudrais un pour les yachts près du pont de Siboure [Ciboure], en A. Pour se défendre du ressac. Le ressac voici l’ennemie. C’est lui que je combats à Socoa! Je vous remercie de vos offres obligeantes. Ici il y’a de quoi se suicider ou se marier! Ma famille m’attaque toutes les semaines. S’il pleuvait trop, je me laisserais aller mais comme je ne connais pas l’objet des présomptions familiales et que je sais ce que vaux la liberté. J’attends le beau temps! C’est peut être un tort. [bavure d’encre] A. Ci-dessous Pierre Loti en uniforme de lieutenant de vaisseau, par. Paul Nadar en 1893.
