Grand contrat d’assurance maritime daté de 1735 / port de Marseille / Roux et Cie, capitaine Icard / L’hirondelle. Une grande feuille vergé pliée de dimensions 37,5 x 47 cm. En-tête et texte en latin imprimé. Texte du contrat écrit à la plume. Beau contrat d’assurance contracté par Roux frères et compagnie, négociants à Marseille en janvier 1735 pour le vaisseau L’hirondelle (« lirondelle ») ayant pour capitaine Antoine Icard de la ciotat. « Une maison de négoce à Marseille au XVIIIe siècle : les Roux frères » par Gilbert Buti Les négociants de Marseille sont étroitement associés à la croissance commerciale du port au xviiie siècle. Ils se différencient des marchands ordinaires par la polyvalence de leurs activités. Ce sont à la fois des commerçants en gros, des armateurs, des assureurs et des banquiers, originaires ou non de Marseille. À côté de quelques trajectoires isolées figurent de puissantes dynasties comme celle des Roux. Héritière en 1728 de la puissante maison Bruny, la maison Roux reste active jusqu’en 1843, sous différentes raisons sociales et avec une grande cohésion familiale. La Méditerranée demeure au cour de leurs affaires, mais les Îles françaises d’Amérique et l’espace européen composent également les champs de leurs opérations. À l’instar des grandes maisons de négoce, celle des frères Roux travaille en réseau. Leur correspondance entretenue avec des personnes de toute confiance montre les liens étroits établis avec les grandes places marchandes européennes de Londres à Amsterdam, en passant par Paris, Saint-Malo, Lyon mais surtout Cadix, qui a le monopole des relations de l’Espagne avec les empires américains. Aussi, à coté de marchandises nationales, à commencer par les draps de Languedoc destinés au marché levantin, les « fruits et trésors des Indes », comme les piastres et la cochenille, sont au cour de spéculations où se croisent techniques commerciales et bancaires. Ils travaillent soit en compte propre, soit en association, soit encore en qualité de commissionnaires ou consignataires d’autres armateurs. (.) Ces navires ne sont pas affectés à des lignes spécifiques. Certes, alors que l’Hirondelle et la Cérès (barque de 120 tonneaux) sont uniquement expédiées en Méditerranée orientale, allant en droiture ou en caravane, la Colombe, qui pratique cette forme de cabotage dans l’espace arabo-musulman, est adressée ensuite aux Antilles, tandis que le Phocéen (vaisseau de 200 tonneaux), destiné aux Îles françaises d’Amérique de 1745 à 1751, sert les Échelles du Levant jusqu’à sa vente en 1753. Des capitaines, voire des dynasties de marins comme les Icard et les Brunet, de La Ciotat, servent avec fidélité la maison Roux et entretiennent avec celle-ci une régulière correspondance au fil des voyages maritimes, source d’information pour des prises de décisions.
