Belle lettre aux images poétiques. « Je vous écris debout au milieu de mille choses qui m’inquiètent car je vis dans le feu comme une salamandre ». Une page in 8 sur un double feuillet. Paris, 8 septembre 1838. Taille : 19,5 x 12,5 cm. Exquise lettre dans laquelle, après avoir rappelé le célèbre proverbe (repris par Alexandre Dumas dans les 3 mousquetaires en 1844) « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. », Alfred de Vigny offre une fulgurante image poétique de son bouillonnement intérieur : « Je vous écris debout au milieu de mille choses qui m’inquiètent car je vis dans le feu comme une salamandre ». Cette belle citation de Vigny (« Je vis dans le feu comme une salamandre ») est citée par Emile Lauvrière dans sa biographie de 1909, Alfred de Vigny ; sa vie et son ouvre, Paris A. Cette année 1838 est particulièrement riche en émotion pour Alfred de Vigny, c’est la mort de sa mère le 20 décembre 1837 et la rupture avec Marie Dorval quelques semaines avant cette lettre. La pièce de théâtre dont il est question est la première de Bienvenuto Cellini de Berlioz qui eut lieu le lundi 10 septembre 1938 dans le grand Opéra Le Peletier (détruit par un incendie en 1873 et qui accéléra la construction de l’opéra Garnier en 1875). Oui monsieur, vos billets serviront Lundi comme les miens que j’ai gardés aussi. Je voudrais bien vous en donner de meilleurs pour vous et votre jeune amie, mais la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Je vous écris debout au milieu de mille choses qui m’inquiètent car je vis dans le feu comme une salamandre. Jean-Baptiste Gindre dit Gindre de Mancy était un homme de lettres à Paris, employé des Postes. Il fut l’ami d’Anne François Tercy et Nodier. Secrétaire de Berryer, il collabora à plusieurs journaux. Ci-dessous Alfred de Vigny portrait par Pierre Daubigny, 1836. L’opéra Le Pelletier (Académie impériale de musique) vers 1821.
