Correspondance signée le plus souvent de ses initiales, avec le comte Bertrand de Montesquiou-Fezensac. 7 lettres 30 pages in-8°, du 6 juillet 1882 au 25 mai 1891. Il écrit toujours « à la hate » du fait des nombreuses activités qu’il évoque, ses voyages, les mariages et les enterrements auxquels il se rend, les rencontres qu’il fait, ses « séances et comités » à l’Assemblée. A partir de 1883, le château de Hauteville situé à Charchigné le préoccupe. Sa petite fille, mariée à Bertrand devenu contre-amiral de la marine, a reçu en lègue en 1882 les bâtiments et les terres. Ils doivent les évaluer pour payer les frais de succession et l’entretien. 6-7-[18]82 : «. Je pars pour Dangu, le château de Frédéric de la Grange, où se fait ces jours ci la vente des plus beaux stock de chevaux de pur sang qui ait jamais existé en France. Il y en avait pour 300millions c’est du moins le chiffre du fond de société, mais il ne pourra être atteint. Tout cela va être dispersé, il va se former deux ou trois petites écuries les Brigode, Arthur de Mortemart et Talhouet dit-on. Mais les meilleurs animaux quitteront la France, quelques uns en Angleterre d’autres en Amérique, la plupart en Australie. C’est très malheureux pour notre élevage français. De ce côté encore avec de bons éléments nous serons arrivés à un résultat nul. ». 21 Aout 1882 : «. Nous avons passé notre journée d’hier à Lourdes ou sont arrivés 10 trains de malades au nombre de plus de mille m’a-t-on dit. On transportait ces malheureux dans des fourgons et des omnibus jusqu’aux abords de la grotte soit devant les piscines où quelques uns d’entre eux étaient plongés Des prêtres récitaient des prières et de temps en temps une clameur s’élevait. Le fait s’est passé plusieurs fois pendant que j’étais là, mais je n’ai rien vu, la foule était compacte le désordre complet, une pluie battante faisait développer une foret de parapluies, c’est tout ce que j’ai vu. ». 28 Avril [18]83 : «. Au milieu de tout cela il faudra bien qu’il soit question de Hauteville et comme c’est le 24 mai qu’expire le délai de 6 mois pour le paiement des droits nous aurons 50.000 fr à payer. [Il a lu] « le projet de liquidation.. exorbitant ». Nous avons prié M. Champion de nous indiquer un homme capable de faire une contre expertise ». 16 mai [18]83 : «. Cet automne à Dangu pour la vente de l’écurie [du comte de La Grange] j’avais rencontré Vatimesni l [officier à la retraite] qui m’avait emmené dans son château distant de quelques lieues j’avais trouvé brillante société et tout en grand gala. Madame de Vatimesnil m’avait ébloui par des toilettes éclatantes dont elle était, parait-il, coutumière. J’avais admiré une organisation très complète, très soignée et entre autre une fort belle chapelle presqu’une église batie à ses frais et sous sa direction exclusive et qui servait à dire la messe pour le hameau éloigné de la paroisse. La saison est aux bals. C’est une necessité que je n’ai jamais bien comprise. Hélas c’est après demain qu’a lieu le bal de l’hospitalité. Il y a du tiraillement, beaucoup de nos patronesses nous ont laché pour la fête japonaise.. À mon retour de Lorient je me suis arrêté à Sillé. Du travail de M. Duval résulte que le total des acquisitions [de la communauté d’Hauteville] est bien de 154. Nous nous étonnions que dans cette contrée les terres fussent estimées à 4000 fr l’hectare, elles ne le sont qu’à 2000. ». Matin : «. Sortie à 11 h ½. Pour l’enterrement de ce pauvre Gontran je suis allé ensuite avec ma sour MacMahon visiter à la conciergerie la prison de la Reine Marie Antoinette. J’ai vu vos frères à cette triste cérémonie. Le pauvre Robert fait pitié car il dit qu’il n’en a pas pour deux mois. 23 mai [18]91 : «. Je vais faire une tournée d’hopitaux pour voir un malheureux qui s’est suicidé. Je vais aussi savoir des nouvelles de M. Duplessis le Frère d’Ernestine. Le malheureux atteint du cancer des fumeurs a subi ces derniers jours une horrible opération ». Mélanie Prudhomme de la Boussinière habitante et héritière du château de Hauteville, le lègue en 1882 à sa petite-nièce, Émilie de Pérusse des Cars et son époux, le comte Bertrand de Montesquiou-Fezensac qui habitent Lorient. Emilie est la petite fille d’Amédée Joseph de Pérusse des Cars. Le Château de Hauteville est près de Charchigné (Maine et Loire).
