Marcellus correspondance intime de Chateaubriand (brouillon manuscrit)

Marcellus correspondance intime de Chateaubriand (brouillon manuscrit)
Marcellus correspondance intime de Chateaubriand (brouillon manuscrit)

Marcellus correspondance intime de Chateaubriand (brouillon manuscrit)
Manuscrit de travail, feuille recto-verso couverte de ratures, de renvois et d’ajouts. Ce n’est pas une lettre : c’est le brouillon des lettres d’envoi qu’un auteur prépare pour lancer son livre, ce que nous appellerions aujourd’hui son plan de service de presse. En tête, la liste des destinataires, biffée au fur et à mesure : « Écrire à Nettement, Villemain, Delphine Gay (tournée), Émile Girardin (tournée), Ch. De Lacretelle, La Quéronnière. » Puis les brouillons eux-mêmes : À Alfred Nettement, critique légitimiste : « Voici, Monsieur, les épreuves de vingt feuilles de mon ouvrage politique ; les trois dernières feuilles suivront bientôt. De Delloye m’a prié de vous les adresser, en m’assurant que vous aviez l’intention d’en parler le 15 décembre prochain aux lecteurs de La Contemporaine. Que puis-je espérer sous des auspices plus souhaités? Le sujet de l’écrit et le lieu de la scène vous sont bien connus. Souffrez que je recommande les acteurs, et l’auteur surtout, à votre indulgence. » À Villemain, académicien et ancien ministre : « Soyez de grâce bienveillant pour mon écrit politique autant que vous l’avez été pour mes ouvrages littéraires. Si je ne vous envoie pas mieux, la faute en est à ces anciens poètes qui ont tout dit, et leur bien dit, en un mot, c’est Martial qui l’a vaincu dans mon fait. » Au verso, la notice publicitaire rédigée pour l’éditeur : « Pour le catalogue Lecoffre et réclames. Cet ouvrage, qui fait connaître un très grand nombre de lettres politiques de M. Le vicomte de Chateaubriand, entièrement inédites, est de plus le complément obligé de son Histoire du Congrès de Vérone. » Et enfin la demande la plus habile du lot, adressée à Delphine Gay de Girardin, que l’auteur ne nomme pas, mais désigne par son surnom : « La Muse de la France aurait-elle oublié le plus obscur de ses admirateurs? Et sera-t-il trop hardi s’il s’adresse à sa médiation pour obtenir du journal La Presse l’insertion des lignes ci-jointes, ou toute autre mention d’un livre qu’il met à ses pieds? » La Presse est le journal d’Émile de Girardin, mari de Delphine : on passe par la femme pour obtenir une recension dans le journal du mari. Le livre se laisse alors identifier sans peine : Politique de la Restauration en 1822 et 1823, dont le sous-titre est précisément « correspondance intime de M. Le vicomte de Chateaubriand ». La notice de réclame du manuscrit : « un très grand nombre de lettres politiques de M. Le vicomte de Chateaubriand, entièrement inédites. Le complément obligé de son Histoire du Congrès de Vérone » est le résumé exact de ce volume. Le manuscrit est donc le plan de lancement de ce livre, rédigé par son auteur à la veille de la parution. Cela le date de la fin de 1853, ce que confirme la mention « le 15 décembre prochain ». Delphine Gay mourra dix-huit mois plus tard.
Marcellus correspondance intime de Chateaubriand (brouillon manuscrit)